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Catherine était princesse et lettrée. Des philosophes furent envoyés pour la convaincre de renoncer à sa foi. Elle les convainc, eux, plutôt que l'inverse. Condamnée pour ce refus à la roue, elle en sort intacte, sauvée avant le supplice. Artemisia se peint dans ce rôle précis, tenant la palme et la roue brisée, non pas comme une victime, mais comme une femme qui a déjà gagné son argument. Cet autoportrait précède de vingt ans la femme qui négociera ses prix avec des collectionneurs, refusera qu'on la traite en débutante, revendiquera l'égalité avec n'importe quel peintre homme.
La composition la place en légère contre-plongée : elle domine le regard de qui l'observe, la tête haute, le regard hautain. Le visage rappelle celui de…
La composition la place en légère contre-plongée : elle domine le regard de qui l'observe, la tête haute, le regard hautain. Le visage rappelle celui de la Pittura, peinte plus tard, pinceau en main. Les historiens ne s'accordent pas sur qui est cette femme. Certains y voient un autoportrait déguisé sous une richesse d'étoffe inhabituelle chez Artemisia. D'autres jugent l'hypothèse peu probable, justement à cause de ce luxe. Le doute reste entier.
Huile sur toile, 208,4 × 128,4 cm. Palazzo d'Accursio, Bologne. Peint peu après son retour de Florence, ce portrait en pied marque une nouvelle étape dans…
Huile sur toile, 208,4 × 128,4 cm. Palazzo d'Accursio, Bologne. Peint peu après son retour de Florence, ce portrait en pied marque une nouvelle étape dans la carrière d'Artemisia : celle des commandes officielles. On ne confie pas le portrait d'un dignitaire pontifical à n'importe quel peintre, et cette toile atteste d'une reconnaissance institutionnelle déjà acquise. La croix d'argent de l'ordre, le ruban vert, la bannière pontificale et le casque à panache disent le rang du modèle. Mais c'est la lumière qui fait le travail d'Artemisia : elle découpe la silhouette, projette une ombre nette sur le mur, révèle chaque matière, le métal, le velours, la fourrure, avec une précision qui dépasse la simple obligation protocolaire. Le visage, à la fois formel et presque jovial, échappe à la raideur habituelle du genre.
Fede Galizia choisit la matière comme sujet. Le double rang de perles, le brocart du corsage, le velours du béret, la lame ciselée où l'artiste appose sa…
Fede Galizia choisit la matière comme sujet. Le double rang de perles, le brocart du corsage, le velours du béret, la lame ciselée où l'artiste appose sa signature.\n\nFormée par son père miniaturiste, elle fait de la précision du détail une forme de virtuosité à part entière.